Un chaton est comme un bébé humain. Il reçoit des anticorps de sa maman, et puis après ceux-ci baissent, et il doit faire ses propres anticorps, et pour cela il faut qu’il se batte. Soit il se bat sans se faire blesser, et ne tombe que très peu malade, soit il se fait blesser, mais se relève, et se relève plus fort. C’est un peu schématique, mais c’est un peu cela.
Votre chaton partira avec deux injections de vaccin. Une faite à 2 mois, dans le creux immunitaire, et la seconde à 3 mois. Mais comme votre chaton est issu d’une maman d’élevage, régulièrement vaccinée tous les ans, elle lui a donné beaucoup plus d’anticorps qu’une maman non vaccinée, et il est très probable qu’au moment de sa première injection, ces anticorps aient joué contre lui, et que le vaccin ait compté pour du beurre. Auquel cas, c’est la seconde injection qui aura l’efficacité d’une première injection, et comme il en faut deux actives pour qu’il soit protégé, il faudra lui en refaire une troisième quand il aura 4 mois.
D’après les recommandations de Maisons-Alfort, depuis environ 5 ans déjà, pour garantir la bonne efficacité des vaccins, il ne faudra pas faire le rappel des vaccins un an après la troisième injection, mais avant que votre chaton ait 1 ans (s’il est né le 15 mai, il faudra lui faire son rappel au mois d’avril) et cela uniquement pour le premier rappel. Après, tous les ans sera suffisant. J’insiste vraiment sur la vaccination de votre chaton. Celui-ci le protège contre le typhus et le coryza, qui sont deux maladies très potentiellement mortelles. Le vaccin ne suffira pas à l’en protéger totalement, mais il aura des formes bénignes. Et ce sont des virus que votre chat peut attraper même s’il ne sort pas: vous avez un autre animal qui sort, vous sortez vous-même…Aucun lieu n’est stérile et libre de gènes patogènes, sauf sans les chambres spéciales en milieu hospitalier.
Quand votre petit chaton arrive chez vous, il sera soumis à un état de stress. Même si vous êtes adorable avec lui. Les odeurs changent, les lieux changent, les bruits changent, l’orientation solaire change, et il n’a plus ni sa mère ni ses frères et soeurs ni sa famille humaine avec lui. Ses endroits habituels, sa place préférée, tout cela n’existe plus, et personne ne peut lui expliquer pourquoi. Or, pour les animaux comme pour les humains, quand le stress s’installe, l’immunité baisse. Et si votre maison et votre compagnie sont nouvelles et accueillantes pour lui, ce n’est pas du tout le cas de tous les germes qui leur sont associés, et qui forment un microbiote qui lui étranger (on parle de « crasse sale » pour ces agents biologiques inconnus, et de « crasse propre » pour les mêmes agents une fois devenus habituels).
Et c’est là que le chaton tombe malade: coryza (pas le grave, non, le rhume, et il faut savoir que le terme de « coryza » est juste le nom scientifique pour « rhume » comme le « Morbillivirus hominis » est celui qu’on appelle rougeole, le nom du virus qui conduit à cette maladie dont rougeole est le nom vulgaire), coryza donc, ou bien diarrhée.
Comment réagir? Tout d’abord, vous devez toujours avoir un thermomètre rectal réservé à votre chaton, et un peu de vaseline. La température normale d’un chaton est de 38.5.
Entre 38 et 39, pas d’inquiétude, mais si cela descend en dessous de cela, ou monte au-delà, il faut vous inquiéter.
Un chaton qui mange bien et qui joue, n’a rien de grave. Pas la peine d’aller consulter votre vétérinaire en urgence. Et un nez qui coule transparent, ou des éternuements passagers, sans autre signes associés, ne doivent pas vous alerter.
En revanche, un chaton subitement amorphe, qui ne mange plus, et qui a de la température, doit tout de suite être montré au vétérinaire. La plupart du temps ce n’est rien de grave, et il s’en tirera avec un traitement antibiotique et éventuellement un anti inflammatoire.
Il peut aussi avoir des selles molles, voire liquides.
Si c’est le cas, et même s’il a des saignements, là encore ne pas s’alerter. La muqueuse intestinale du chaton est très fine, bien plus que celle du bébé humain, et un chaton peut avoir du sang rouge clair avec des diarrhées ou de la constipation, c’est juste la preuve qu’il a une inflammation du colon, du gros intestin, qu’il faut soigner.
Pendant une dizaine de jours, lui donner des probiotiques pour réarmer sa muqueuse intestinale (de type fortiflora ou ultradiar) une fois par jour, lui donner du smectalia (surtout pas au goût agrume) trois fois par jour, une noisette au fond de la gorge, et saupoudrer ses croquettes avec 1 cuil. à café de psyllium blond, qui a l’avantage d’aider le tractus intestinal, soit en le ralentissant en cas de diarrhée, soit en l’accélérant en cas de constipation. Les émissions de sang peuvent durer sans que cela ait un caractère de gravité, puis cesser peu à peu.
Si au bout de 10 jours il n’y a pas d’amélioration, alors là il faut aller chez le vétérinaire qui vous proposera une analyse de selles pour voir de quoi il retourne.
Tous ces éléments sont ceux que conseille mon vétérinaire. Je ne cherche pas à faire de l’exercice illégal de la médecine, mais juste à vous donner des conseils de bon sens de première intention. Personne ne remplacer votre vétérinaire, et surtout pas un éleveur. En cas de doute, c’est lui que vous devez consulter.
Mais gardez bien présent en mémoire qu’un chaton qui manger et qui joue est un chaton qui va bien. Et que la prise de température doit toujours être faite en cas de doute.
Et surtout ne pas oublier de le vermifuger régulièrement, tous les mois jusqu’à ses 6 mois, et deux fois par an après. Adapter la fréquence s’il sort ou bien si vous avez d’autres animaux qui eux sortent.